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Pays : France  Langue(s) : français 

La forme scolaire aujourd’hui : Interroger le mode scolaire de socialisation et ses formes renouvelées


Date :  du 08-09-2022 au 09-09-2022

Appel à communications ouvert jusqu'au :  14-02-2022

Lieu :  Université Lumière Lyon 2

Modalité :  présentiel

Organisation : 

Comité d'organisation :

Rémi Deslyper (ECP/Université Lumière Lyon 2), Claire Desmitt (CIREL/Université de Lille), Simon Kéchichian (Centre Max Weber/Université Lumière Lyon 2) et Clémence Michoux (GRESCO/Université de Poitiers).



Programme : 

L’organisation de ce colloque s’inscrit dans une volonté de réhabilitation/réactualisation du concept de « forme scolaire » élaboré par Guy Vincent (1980), puis travaillé dans les années 1990 au sein du Groupe de Recherche sur la Socialisation. Ce concept rend compte de manière synchronique et diachronique d’une « forme de relation sociale », constituée au sein d’une configuration socio- historique particulière apparue au XVIème-XVIIème siècle, née dans l’école en tant que lieu privilégié de la transmission formalisée de savoirs formalisés (Vincent, Lahire et Thin, 1994). La forme scolaire se définit notamment par l’autonomisation des relations d’apprentissages, instaurant ainsi un cadre cognitif et spatio-temporel organisé, séparé (pour l’enfance), dédié à l’action pédagogique en elle-même et pour elle-même. Caractérisé en outre par un rapport distancié (scriptural-scolaire) à la pratique et au monde, le nouveau mode de socialisation qui émerge alors – le mode scolaire de socialisation – est régi par un ensemble de règles impersonnelles gouvernant les corps et les esprits par une nouvelle forme d’assujettissement, la discipline scolaire, élément indissociable de la forme scolaire d’apprentissage (Gasparini, 1998).

Au-delà de cet ensemble de traits, le concept de forme scolaire a également été forgé afin de dépasser des analyses en termes d’institution (scolaire) dans le but d’objectiver des invariants qui résistent aux changements sociohistoriques et sont transversaux à de nombreux espaces et groupes sociaux. L’usage de la notion de forme, qui n’est « ni chose, ni idée » et qui échappe à « l’intention consciente » (Vincent, Lahire et Thin, op. cit. : 12), permet alors de mettre au jour des modalités de socialisation et d’appropriation du monde, des structures objectivées et incorporées, socialement situées et ayant leurs logiques propres. Enfin, il s’agit de rappeler ici que le mode scolaire de socialisation, constitutif de la forme scolaire, est dominant (légitime) et prédominant (prépondérant) dans notre formation sociale.

Attachés à cette définition originelle du concept et aux perspectives de recherche que ces travaux pionniers ouvraient de leurs vœux, nous souhaiterions remettre, le temps d’un colloque, la forme scolaire au centre des discussions sociologiques. Cette volonté réside notamment dans la conviction que ce concept peut être d’une utilité majeure dans la compréhension du monde social actuel et contribuer à une sociologie générale. Pensé dans une perspective critique et relationnelle afin de saisir des processus à l’œuvre dans les rapports de domination et la reproduction des inégalités sociales, notamment dans et par la « confrontation inégale » entre modes scolaire et populaire de socialisation (Thin, 1998 ; Millet et Thin, 2005), l’usage du concept semble indispensable pour saisir les enjeux et rapports sociaux contemporains. De surcroit, les changements récents à l’œuvre dans notre société (évolutions de la structuration des classes sociales ; transformations de l’institution scolaire, de ses publics et de sa périphérie ; variations des normes éducatives et culturelles ; changements liés aux structures économiques et politiques ; modifications des modes d’encadrement et de gouvernement de soi et des autres etc.) invitent à confronter les invariants de la forme scolaire avec des contextes et des groupes sociaux renouvelés. Sans perdre de vue que « la forme scolaire s’est construite et se construit dans les luttes et les transformations » (Vincent, Lahire et Thin, op. cit. : 28), et permet donc de saisir « la récurrence à travers les modifications » (ibid : 6), ce colloque se donne pour ambition de réunir des contributions empiriques permettant d'interroger les formes actuelles de son maintien, de son renouvellement et de son renforcement, non seulement dans l'École et les institutions éducatives, mais également au-delà.

Les communications pourront s’inscrire dans l’un ou plusieurs des axes développés suivants (détails de l'AAC sur Calenda) :

- La forme scolaire à l'école

- la forme scolaire en dehors de l'école

- la forme scolaire en dehors de lenfance



URL :  https://calenda.org/.../923190


mot(s) clé(s) :  enseignement obligatoire