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Pays : Belgique  Langue(s) : français 

4èmes rencontres internationales - RIED 2020 > 2022 - Diversité et conceptions du vivre-ensemble - Former les personnels éducatifs à l'heure du débat sur les fondements culturels et philosophiques du vivre-ensemble


Date :  du 30-06-2022 au 02-07-2022

Appel à communications ouvert jusqu'au :  15-12-2019

Lieu :  Université libre de Bruxelles

Modalité :  présentiel

Organisation :  Réseau international éducation et diversité (RIED)

La crise actuelle provoquée par la pandémie de COVID-19 nous contraint à reporter une seconde fois les 4èmes rencontres internationales du RIED. Celles-ci auront lieu du 30 juin au 2 juillet 2022 à l’Université libre de Bruxelles.

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Des « Rencontres internationales » du RIED sont organisées tous les deux ans, en alternance entre les différents pays membres. Après Marseille (2014), Montréal (2016) et Genève (2018), la quatrième édition de ces Rencontres aura lieu à Bruxelles en juin-juillet 2022 et sera portée par une équipe locale, interuniversitaire et interinstitutionnelle.

Dans l’esprit du RIED, les rencontres qui s’organiseront à Bruxelles ont à cœur de fédérer les actrices et acteurs multiples concernés par ces questions : les chercheur·es issus du monde académique et non-académiques, les différentes universités et centres de recherche mobilisés sur ces questions, de manière transversale aux « réseaux », le secteur associatif en lien avec les aspects d’éducation et de formation (formelle et informelle). Le comité organisateur souhaite aussi profiter de l’occasion pour tisser de nouvelles collaborations entre Universités et Hautes écoles. C’est l’Université libre de Bruxelles (ULB) qui sera l’institution hôte du RIED 2022 et coordonne en cette occasion le comité belge du RIED, structure porteuse des Rencontres.



Programme : 

Un contexte propice en Belgique francophone

En Fédération Wallonie-Bruxelles, le contexte est triplement propice à l’organisation de telles rencontres.

D’abord, des synergies entre institutions en charge de la formation des enseignants (Universités et Hautes écoles) sont appelées à se reconfigurer dans le cadre d’une importante réforme de la formation initiale. L’appel à établir des ponts entre recherche et milieux de pratique et de formation des enseignants est plus que jamais d’actualité.

Ensuite, au niveau du système éducatif, l’enjeu de l’éducation à la diversité est également porté (de manière le plus souvent indirecte) par le Pacte pour un Enseignement d’Excellence sur lequel viennent de se mettre d’accord un large panel d’acteurs de l’enseignement. Parmi les 5 grands chantiers lancés dans le cadre de ce Pacte, plusieurs touchent directement aux défis de la diversité. Ainsi en va-t-il du premier axe, visant la mise en place d’un tronc commun allongé d’un an, pensé dans une perspective « polytechnique » et attentive à « l’hétérogénéité » des apprenants ; ou de l’axe 4, visant à améliorer le rôle de l’éducation comme source d’émancipation sociale et à favoriser la mixité et l’école inclusive tout en luttant contre l’échec scolaire, et qui énonce notamment des objectifs de promotion de la mixité sociale au sein des établissements ainsi que des objectifs de renforcement de la connaissance de la langue maternelle, notamment chez les primo-arrivants et élèves allophones.

Enfin, ces dernières années, les enjeux liés à l’éducation à la citoyenneté démocratique ont été explicitement remis à l’agenda des missions centrales de l’éducation, dans la foulée, notamment, du rapport Eurydice de 2012 sur « l’éducation à la citoyenneté en Europe » qui fait suite à l’adoption en 2010 de la « Charte du Conseil de l’Europe sur l’éducation à la citoyenneté démocratique et l’éducation aux droits de l’homme ». Cette impulsion n’est pas neuve en Belgique francophone où, dès 1997, le décret « missions » décrétait qu’une des missions centrales de l’école était de « préparer tous les élèves à être des citoyens responsables, capables de contribuer au développement d’une société démocratique, solidaire, pluraliste et ouverte aux autres cultures ». Mais c’est surtout en 2007 que cette mission a connu un regain d’intérêt en Fédération Wallonie – Bruxelles, ainsi qu’une certaine formalisation juridique à travers le décret du 12 janvier 2007 visant le « renforcement de l’éducation à la citoyenneté responsable et active au sein des établissements organisés ou subventionnés par la Communauté française ». Ce décret a permis le soutien et le développement de projets transversaux, disciplinaires et interdisciplinaires, au sein des écoles volontaires. Enfin, parallèlement, la présence transversale de l’éducation à la citoyenneté a été rendue explicite dans de nombreux référentiels disciplinaires, entre autres du cours d’histoire, de morale/religion, de géographie, de sciences sociales et économiques, de français, de langues, d’éducation artistique et d’éducation physique. Plus récemment encore, un autre décret 22 octobre 2015 a rendu obligatoire l’organisation d’un cours et d’une éducation à la Philosophie et à la Citoyenneté, réaffirmant publiquement « le rôle que doit jouer l’éducation dans la formation citoyenne et morale de l’ensemble de la population, et dans la constitution d’un esprit d’ouverture, de critique et de défense des libertés » . Cette saillance politique renouvelée s’est accompagnée d’un débat important sur la signification concrète de cette mission pour les institutions éducatives. Ce dernier décret est d’ailleurs concrètement mis en œuvre de manière contrastée selon les réseaux d’enseignement (un cours dans l’officiel, un ensemble de compétences dispatchées dans différents référentiels pour le réseau libre catholique), révélant la persistance d’importantes divergences en termes des conceptions relatives au rôle de l’institution scolaire dans la prise en compte des croyances et convictions philosophiques diverses de ses publics, ainsi que sur la manière d’établir les bases de la citoyenneté commune dans une société démocratique et pluraliste.

Enfin, en-dehors du système scolaire obligatoire, les préoccupations liées à l’inclusion et à la lutte contre les discriminations concernent bien évidemment aussi l’enseignement supérieur, qu’il soit universitaire ou non-universitaire, lui-même de plus en plus confronté à l’hétérogénéité du public étudiant. Trop peu de recherches adressent directement la question de l’inclusion des étudiant·es de groupes minoritaires à ce niveau, ou encore leur rôle croissant en tant que formateurs·trices et enseignant·e·s de ces secteurs, ni les discriminations dont ils/elles peuvent faire l’objet.

Des initiatives de terrain méconnues

Parallèlement à ce travail de mise à l’agenda et son inscription dans les référentiels politiques et pédagogiques, cet enjeu constitue une préoccupation directe pour les acteurs et actrices des mondes de l’éducation et de la formation. Les enquêtes montrent à quel point les enseignant·es et formateurs·trices sont en demande de points de repères sur la manière de comprendre, d’interpréter, d’agir sur les plans pédagogique et éducatif, face à la diversité ethnoculturelle et religieuse des apprenants. Nombre de professionnel·les se disent démuni·es quant aux points de repères à privilégier pour construire le commun.

De nombreuses initiatives portées par des individus ou par des équipes se déploient dans ce contexte, mais disposent de peu de lieu d’interconnaissance et de réflexivité. Parallèlement, de nombreuses associations ont développé, au sein de la société civile, une expertise et des outils de formation et d’intervention bien souvent mal connus et trop peu articulés aux systèmes scolaires.
Un des enjeux de ces 4èmes Rencontres est de permettre la « remontée » et l’échange de ces pratiques multiples, d’en analyser les fondements, les effets, etc.

Appel à symposiums (détail sur le site de la conférence) 

Le choix du comité organisateur pour cette édition de Bruxelles 2022 a été de lancer un appel à des propositions de symposiums, plutôt qu’à des communications individuelles, afin de renforcer la cohérence des problématiques traitées et la complémentarité des regards posés sur celles-ci. Les symposiums proposés peuvent être, au choix, courts (trois participant·es) ou longs (six participant·es) (voir consignes précises ci-dessous).

Il est attendu des symposiums proposés qu’ils s’inscrivent globalement dans les domaines de préoccupation qui sont ceux du RIED : traiter de questions liées à la diversité sous ses multiples formes (culturelle, sociale, convictionnelle, linguistique, genre, besoins spécifiques, etc.), à partir de grilles de lectures pouvant être issues de cadres disciplinaires différents (ex : sciences sociales, philosophie, politique, sciences de l’éducation, sociolinguistique, didactique des langues, psychologie sociale, etc.) et débouchant potentiellement sur des questions ou des propositions qui interpellent la formation des personnels éducatifs. En outre, la dimension comparative pouvant s’avérer particulièrement féconde pour traiter ces questions, il est explicitement demandé, dans le cas des symposiums, que deux pays au moins y soient représentés. De même, il est vivement souhaité que plusieurs regards soient croisés au sein d’un symposium (points de vue des chercheurs, des praticiens, des pouvoirs publics, des décideurs, etc.).

Au regard du thème choisi pour la rencontre de 2022 « Diversité et conceptions du vivre-ensemble. Former les personnels éducatifs à l’heure du débat sur les fondements culturels et philosophiques du vivre-ensemble », il est attendu également que les questions relatives à la diversité, traitées au sein des symposiums, soient systématiquement mises en relation avec les conceptions du vivre-ensemble propres aux sociétés ou aux institutions où elles sont étudiées. Dans un contexte de saillance croissante de diverses formes de diversité, les valeurs fondatrices et les principes qui organisent la vie commune (dans l’espace scolaire et en-dehors de celui-ci) se voient inévitablement interrogés, problématisés et, le cas échéant, appelés à se transformer. Il s’agit par conséquent d’examiner les articulations souvent complexes, mouvantes et en tension entre les conceptions du vivre-ensemble promues explicitement ou implicitement par une société ou une entité particulière (ex : le système éducatif, un réseau, une école, un dispositif de formation …) et la manière dont celles-ci traitent les questions relatives à la diversité. La complexité s’accroit encore dès lors que l’on prend acte du fait que les fonctions de socialisation et de construction du vivre-ensemble exercées par les systèmes scolaires et de formation sont difficilement isolables de ce qui se joue au cœur de multiples autres instances de socialisation, à commencer par les familles et les réseaux et communautés où s’organise la vie sociale et l’éducation des jeunes. Par ailleurs, ces défis se heurtent régulièrement à différents processus qui peuvent entamer la confiance dans les systèmes éducatifs ou dans les relations sociales qui s’y construisent (discrimination, inégalités sociales, contextes politiques conduisant à des attitudes de fermeture et de repli, mise en altérité de certains groupes sociaux, radicalisation religieuse, concurrence des régimes de vérité, etc.).

Il est attendu que les propositions de symposium s’articulent prioritairement à l’un des 9 axes thématiques suivants :

  • L’éducation à la citoyenneté
  • Les conceptions du « vivre-ensemble » dans la formation des enseignants
  • La formation des enseignants aux questions d’inégalités / diversités
  • L’école et son environnement (familles, communautés…)
  • La lutte contre les discriminations
  • Politiques migratoires et nouvelles migrations (réfugiés, primo-arrivants …)
  • Prévention des formes de « radicalisation » religieuse et politique
  • Les régimes de vérité (science, religion, fake news …)
  • L’éveil aux langues

Les propositions de symposia comportant une perspective comparative internationale ainsi qu’un échange entre monde académique, monde de la formation et autres secteurs sont vivement encouragées. La date limite de dépôt des propositions est fixée au 15 décembre 2019.



URL :  https://www.ulb.be/.../RIED2020


mot(s) clé(s) :  formation des enseignants, inégalités, travail collaboratif