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Pays : France       Langue(s) : français 

De la loi du plus fort et de l'identité de "crapuleuses" : déviance et délinquance des adolescentes des quartiers populaires


Auteur(s) :  RUBI Stéphanie

Date de soutenance :  2003

Thèse délivrée par :  Université Bordeaux-Segalen

Section(s) CNU :  section 70 : Sciences de l'éducation

Discipline(s) :  Sciences de l'éducation

Sous la direction de :  Eric DEBARBIEUX

  La littérature scientifique s'est fréquemment intéressée à la délinquance des mineurs en y délaissant la participation des filles. Notre approche, interactionniste, pense les actes déviants, délictueux des collégiennes dans un système relationnel, déconstruit les éléments de la réalité sociale se voulant naturels et invariables pour les reconstruire en les insérant dans des systèmes sociaux cohérents. Nous suivons les prescriptions des théories féministes de la délinquance, en nous centrant sur le quotidien et l'expérience des adolescentes, en usant de méthodologies ethnographiques : des données quantitatives issues de l'enquête nationale sur la violence à l'école menée par E. Debarbieux et qualitatives provenant d'une centaine d'entretiens réalisés avec des adolescentes (de 12 à 16 ans) assorties d'observations recueillies lors des phases "d'immersion" pendant plusieurs mois sur 3 sites d'étude (Marseille, Paris, Bordeaux). Dans les quartiers des adolescentes, nous examinons leurs sentiments sur ces lieux, leurs "appropriations", la place qu'elles occupent dans l'organisation pyramidale de la délinquance (Paris). Dans leur collège nous cernons le climat relationnel, leur sentiment de violence, leurs constructions d'opposition à l'école. Décortiquer le système de socialisation juvénile qu'elles nomment "la loi du plus fort" nous permet d'apprécier les enjeux identitaires sous-jacents aux actes et comportements dits déviants. Elles n'appliquent pas identiquement les codes de conduite de cet univers normatif, certaines sont victimes de cette "loi" et instrumentalisées dans une logique de l'exploit devant témoin. Nous analysons les logiques identitaires des "crapuleuses" qui, pour se forger une "réputation" honorable et distinguée, humilient et manœuvrent ceux qu'elles qualifient de "faibles", font preuve d'attributs et de comportements traditionnellement associés à la "masculinité", et reproduisent des dominations qu'elles subissent par ailleurs.