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Les usagers des campus universitaires marseillais face à la délinquance et aux incivilités


Auteur(s) :  WEISS Pierre-Olivier

Date de soutenance :  2018

Thèse délivrée par :  Aix-Marseille Université

Section(s) CNU :  section 19 : Sociologie, démographie

Sous la direction de :  Renée ZAUBERMAN

 

"La question de la sécurité et du sentiment d’insécurité à Marseille se résume trop souvent à la problématique des « cités » et à l’image des trafics de drogue et des règlements de compte qu’ils évoquent. Ces sujets sont certes réels et importants, mais ils ne doivent pas occulter les problèmes de « délinquance » et d’« incivilités » plus classiques et autrement plus nombreux qui se posent dans toutes les grandes villes, de multiples manières. Les années 1980, sous l’influence des recherches anglo-saxonnes, marquent justement un tournant majeur puisque, conscient des limites de la statistique administrative, on commence à mesurer ces phénomènes sociaux du point de vue de la victime. Alors que des enquêtes en population sont réalisées en France depuis plusieurs années, aucune d’entre elles ne s’intéresse aux usagers des campus universitaires quand bien même les effectifs d’étudiants explosent dans le dernier quart du 20e siècle. En effet, aujourd’hui, l’université représente un passage obligé pour une part importante de la jeunesse. À ce titre, Aix-Marseille Université, la plus vaste de France et la plus grande université du monde francophone, constitue un terrain de recherche privilégié. Nous y avons enquêté à la fois qualitativement (48 entretiens et observations) et quantitativement (2024 questionnaires). Comment, les campus universitaires, des espaces sociaux similaires au premier regard, laissent-ils apparaître des différences en termes de victimation et de sentiment d’insécurité ? Quelle est le volume des victimations recensées et qui sont les victimes ? Peut-on comprendre l’origine des peurs éventuelles des étudiants et des personnels de l’université ? En quoi l’organisation de la sécurité, les problèmes de délinquance locale ainsi que les représentations sociales forment-ils un ensemble de phénomènes qui s’articulent et s’alimentent ? Cette thèse, qui s’inscrit dans le double champ de la sociologie de la délinquance et de la sociologie de l’enseignement supérieur, est ainsi résolument tournée non pas vers les faits divers criminels spectaculaires, absents pour ainsi dire du paysage des campus, mais au contraire vers les problèmes de la vie quotidienne des usagers des trois principaux campus de Marseille. Ensuite, se tournant en outre vers quelques-unes des principales problématiques de délinquance que l’on rencontre au fil des jours, des semaines et des mois sur les campus, notre étude questionne les peurs ressenties par les usagers. Il s’agit enfin d’étudier les relations entre d’une part, la réalité des risques liés à la délinquance et d’autre part, les représentations que s’en font les différents acteurs qui en ont la charge, ainsi que de comprendre la façon dont ces représentations influent sur les pratiques des personnels de sécurité."

University campuses users in Marseille confronting delinquency and incivility

"The question of security and fear of crime in Marseille is all too often limited to the problem of "cités", the image of drug trafficking and the settling of accounts they evoke. These topics are certainly real and important, but they should not overshadow the more classic and numerous "delinquency" and "incivility" problems that arise in many ways, in all major cities. The 1980s, under the influence of Anglo-Saxon research, mark a turning point. Aware of the limits of administrative statistics, we began to measure these types of social phenomena from the point of view of the victim. While population surveys have been carried out in France for several years, none of them are interested in members of university campuses even though the student population exploded in the last quarter of the 20th century. Indeed, today, the university represents a necessary passage for a substantial part of the youth. The United States put in place this type of study during the 1990s, leaving France behind. As such, Aix-Marseille University, the largest in France and the largest university in the French-speaking world, constitutes a privileged field of research. We investigated both qualitatively (48 interviews and observations) and quantitatively (2,024 questionnaires). How do social spaces, which are similar at first glance, reveal differences in terms of victimization and fear of crime? What is the intensity of victimization and who are the victims? Can we understand the origin of the fears of students and university staff? In what way are the security organizations, the problems of local delinquency as well as the social representations a set of phenomena that articulate and feed each other? This thesis, which is a part of the sociology of delinquency and urban sociology fields, does not resolutely lean towards spectacular crime incidents absent from the campus landscape, but rather, towards everyday life problems of members of 3 main Marseilles’ campuses. It is therefore necessary to conduct an investigation on a series of victimizations to draw a general and comparative portrait of three specifically selected campuses. Then, in addition to turning to some of the main delinquency issues that we encounter on campus, our study questions the fears felt by students and workers. Finally, we study the relationships between the reality of the risks associated with delinquency and the representations made by the different actors in charge of it, as well as understand how these representations affect security personnel practices."



URL :  https://hal.archives-ouvertes.fr/tel-02158302/document


mot(s) clé(s) :  enseignement supérieur