Veille et analyses de l'ifé

Entre recherches et pratiques

   Vous êtes ici : Accueil » Actualités des thèses » Détails de la thèse

Représentations et pratiques de l'éducation interculturelle institutionnelle et parentale dans un contexte diglossique : le cas de La Réunion


Auteur(s) :  VERDUN Marie Davilla

Date de soutenance :  2017

Thèse délivrée par :  Université de la Réunion

Section(s) CNU :  section 70 : Sciences de l'éducation

Sous la direction de :  Michel LATCHOUMANIN

Jury de thèse :  Mangalaza, Eugène Régis ; Andrimampianina, Sylvia ; Ralalaoherivony, Baholy ; Naeck, Vassen; Nouroudine, Abdallah ; Latchoumanin, Michel

 

"Les représentations et les pratiques de l’éducation scolaire et de l’éducation familiale dans une île multiculturelle sont concomitants d’une éducation interculturelle, notamment dans un milieu où une situation diglossique existe. En effet, la langue française, langue administrative, est « considérée comme supérieure » à la langue créole, langue locale réunionnaise. Ce contexte diglossique n’agit pas dans l’intérêt des élèves ayant comme langue maternelle et familiale la langue créole. Autrement dit, la dévalorisation de la langue locale au profit de la langue administrative ne permet pas un accompagnement éducatif égalitaire des élèves, notamment dans leur scolarité. Aussi, la dévalorisation de leur langue, et donc de leur culture d’origine (car la langue créole réunionnaise a une histoire et c’est à travers elle que les Réunionnais se reconnaissent) ne leur offre pas un épanouissement complet. L’épanouissement est reconnu pour être à l’origine de toute réussite. Ce qui nous intéresse, dans notre recherche, ce sont les représentations qu’ont les jeunes scolarisés de cet écart entre la culture scolaire et la culture familiale, notamment les représentations de l’écart qui existe entre les deux langues, sachant que la langue familiale de beaucoup d’entre eux n’occupe pas la même position à La Réunion. Cette recherche nous a permis de voir de quelle manière nos jeunes scolarisés réunionnais se représentent l’éducation scolaire par rapport à leur éducation familiale, notamment à travers la langue ainsi que la place de l’interculturel dans notre île. Nous avons donc constaté que nos jeunes opposent une interculturalité interne de ce qu’ils vivent en famille à une culture scolaire sociale prescrite. En conclusion, nous pouvons remettre en cause ce fossé existant entre la langue, et donc la culture familiale et la culture scolaire administrative. Le but, n’a été nullement de remettre en question l’administration française, mais vraiment et uniquement d’apporter de la reconnaissance à tout ce qui affecte l’être humain au plus profond de lui-même. Nous proposons donc une éducation plus ouverte vers l’interculturel et une valorisation de la culture d’autrui."



URL :  https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01913448/document


mot(s) clé(s) :  coéducation