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Pays : France  Langue(s) : français 

Des terrains d’aventure du passé / pour l’avenir : état des savoirs, enjeux et perspectives


Date :  du 08-12-2021 au 10-12-2021

Appel à communications ouvert jusqu'au :  31-05-2021

Lieu :  ENSA Paris Val de Seine, aux Archives nationales et à la MSH Paris Nord, Paris

Modalité :  présentiel

Organisation : 

L’équipe du projet de recherche TAPLA (Terrains d’aventure du passé/pour l’avenir), soutenue par le LabEx Les passés dans le présent, organise un colloque international et interdisciplinaire qui se déroulera du 8 au 10 décembre 2021 à Paris (ENSAPVS, Archives nationales et MSH Paris Nord), sur le thème "Des terrains d’aventure du passé/pour l’avenir : état des savoirs, enjeux et perspectives"



Programme : 

Argumentaire partiel

Les terrains d’aventure, espaces d’apprentissage par le jeu, inventés en 1943 au Danemark, constituent, à l’origine, une solution éducative (temporaire) à une situation de crise. Occupant les terrains vagues des villes européennes bombardées, les junk playgrounds représentent pour la société d’après-guerre, un moyen de prendre en charge la jeunesse déboussolée, dans un climat où les limites entre résistance et délinquance sont brouillées (Kozlovsky, 2006). Dans un contexte de pénurie générale, les premières années de la Reconstruction légitiment, dans les villes, les actes d’appropriation, de réutilisation, de détournement et de conversion des déchets en ressources. Les terrains d’aventure permettent alors d’occuper à la fois un vide social – en mobilisant la pédagogie du jeu comme un instrument pour intervenir sur les comportements des enfants (Cohen, 2007, p. 32) – et un vide spatial – en répondant à l’urgence de reconstruire sur les ruines urbaines (Kozlovsky, 2008). À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les adventure playgrounds connaissent un essor remarquable en Grande-Bretagne (Allen of Hurtwood, 1968). À partir des années 1960, des terrains sont créés en Suisse, en Allemagne, au Pays de Galles et en Belgique. Ils apparaissent en France dans les années 1970, sous le nom de « terrain d’aventure » ou « terrain pour l’aventure ». Le premier est ouvert à Paris en 1971. Mais la France se distingue de ses voisins européens par la disparition de ces expériences pédagogiques et spatiales qui se sont pourtant maintenues ailleurs (notamment en Suisse, en Grande-Bretagne ou en Allemagne).

Aujourd’hui, il y a un véritable enjeu à rassembler, organiser mais aussi actualiser les ressources disponibles sur le sujet des terrains d’aventure. Force est de constater que la plupart des références françaises disponibles dépassent rarement les années 1980. Les ouvrages existants (D’Allaines-Margot, 1975 ; Savoye, 1978 ; Vergnes et al., 1975), de même que des documents photographiques (Flatard et Prémel, 1982), concernent essentiellement des expériences du passé. Si l’on parle aujourd’hui des terrains d’aventure, c’est encore souvent pour leur image mythifiée d’espaces pédagogiques utopiques appartenant résolument à un autre temps idéalisé. La disparition du dernier terrain d’aventure parisien en 2007, relatée sur le blog Les Petits Pierrot, et l’ouvrage récent de François Grandeau (2020) font de ces espaces des expériences certes novatrices mais empreintes d’un modèle dont il est difficile de se détacher malgré son caractère daté.

Aujourd’hui, les terrains d’aventure restent un objet méconnu pour les acteurs de l’animation socioculturelle, pour qui ces expérimentations se heurtent aux réglementations en termes d’usage et de sécurité mais également aux représentations souvent négatives que ce type de dispositifs véhicule.
Ce colloque s’inscrit dans le cadre d’une volonté de redécouverte des terrains d’aventure et d’un intérêt renouvelé pour les espaces de jeu en Europe (Newstead, 2019), tant d’un point de vue théorique que pratique. En effet, des nouveaux espaces et projets associés ont émergé dans de nombreux pays (Milne, 2014 ; Leichter-Saxby & Law, 2015). Parallèlement, la variété des publications sur le thème visant aussi bien le grand public que les chercheur.es (Maclean, Russell & Ryall, 2015 ; Kilvington & Wood, 2010) ou les acteur.trices pouvant être amené.es à porter ce type d’opérations traduit l’intérêt grandissant pour cet objet.

Objet hybride, espace ludique et éducatif, à la fois aire de jeu et jardin, lieu de bricolage et de récréation, espace en perpétuelle construction, les terrains d’aventure invitent au croisement des perspectives disciplinaires. Le colloque sur les terrains d’aventure appelle à mobiliser des travaux appartenant à l’ethnologie et l’anthropologie, l’histoire, les archives, la sociologie urbaine, les sciences de l’éducation, l’urbanisme, l’architecture, le paysage, la géographie comme la philosophie, sans oublier les compétences diversifiées mobilisées par les acteur.trices de terrain et les professionnel.les qui sont invité.es, au cours de ces trois jours, à rendre compte de leur expérience.

Les propositions de contribution pourront s’inscrire dans l’un des cinq axes de réflexion suivants :

  • Axe 1. Actualisation d’un objet du passé : les sources archivistiques ;
  • Axe 2. Pouvoir d’agir, prise de risque et prise d’autonomie ;
  • Axe 3. Co-construire les espaces éducatifs ;
  • Axe 4. Fabriquer en jouant / jouer en fabricant ;
  • Axe 5. Écologie de l’action et éducation à la nature.

Les appels à communication complets, anglais et français, sont téléchargeables ici : https://filesender.renater.fr/?s=download&token=4d19bf97-0a9f-4b66-86ea-f47aa2b74df5

Date limite d’envoi des propositions de communication : 31 mai 2021, à l’adresse suivante : tapla.colloque(@)gmail.com



URL :  https://calenda.org/.../852699


mot(s) clé(s) :  éducation hors de l'école