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Pays : France  Langue(s) : français 

Santé des jeunes et interventions socioéducatives


Date :  du 03-12-2020 au 04-12-2020

Lieu :  Université Paris Nanterre

Organisation :  Observatoire national de la protection de l'enfance - université Paris Nanterre

Ce colloque, coorganisé par le Laboratoire CREF, l’IREPS BFC et l’ONPE, a pour objectif de croiser les savoirs des champs académiques et professionnels pour penser les pratiques quotidiennes des jeunes et leurs représentations en matière de santé et de soin. Il s’agit aussi de les envisager dans un contexte d’intervention socioéducative à partir de la notion de transition, inhérente à cet âge de la vie, d’autonomie, avec les acteurs qui l’accompagnent, et de participation pour interroger les pratiques d’intervention en promotion de la santé.



Programme : 

La santé des jeunes fait l’objet de préoccupations importantes par les politiques de santé publique depuis ces vingt dernières années. S’appuyant sur la définition de l’Organisation Mondiale de la Santé, qui présente la santé comme « un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité »(OMS, 1946), les politiques de santé publique ne se limitent pas à l’organisation de soins curatifs, mais promeuvent également des démarches en amont, qui s’inscrivent dans différents types de prévention, universelle, sélective ou ciblée en fonction des publics visés. Si ces politiques de prévention se sont d’abord inscrites dans une perspective biomédicale de gestion des risques, la charte d’Ottawa en 1986 (OMS, 1986) marque un tournant, sur le plan des intentions, vers des démarches de promotion de la santé, centrées sur les facteurs protecteurs et le pouvoir d’agir des individus (San Marco, 2009). Ces nouvelles conceptions de la prévention entrent en résonnance avec l’essor des préoccupations internationales en lien avec la participation des jeunes dans le champ des interventions socio-éducatives (van Bijleveld, Dedding et Bunders-Aelen, 2015, Lacroix, 2016).

Ainsi, les campagnes de prévention ont connu un essor particulier, ciblant principalement les conduites juvéniles considérées comme plus exposées aux risques en comparaison d’autres âges de la vie (Perreti-Watel, 2002). Parce que le temps de la jeunesse est envisagé comme une transition, un passage entre deux âges structuré par la double nécessité de construction identitaire et de conquête statutaire (Galland, 2011), les représentations sociales le conçoivent comme une période de vulnérabilité (Becquet, 2012). Au centre des attentions des programmes de prévention en matière de santé en direction de la jeunesse, trois grands domaines se distinguent : les consommations de toxique, les habitudes alimentaires et l’activité physique et, dans une moindre mesure, le bien-être (Génolini et Perrin, 2016). En ligne de mire, il s’agit de prévenir les conduites addictives, le surpoids et l’obésité et enfin les tentatives de suicide ou de mise en danger de soi. Le déploiement de ces actions publiques, de natures diverses et à différentes échelles suscite l’attention critique des sciences sociales. Les méthodes employées, notamment pour ce qui concerne la santé nutritionnelle, dénotent des formes de paternalisme (Poulain, 2009). D’autres se révèlent particulièrement descendantes (Amsellem-Mainguy et Loncle, 2010) alors que, et de manière paradoxale, leurs rhétoriques promeuvent l’autonomie en santé (Berlivet, 2006) et son principe implicite de « gouvernementalité » (Fassin et Memmi, 2006).

Dans un contexte de sanitarisation des questions sociales (Loncle, 2008), les jeunes concerné·e·s par des interventions socioéducatives sont au centre d’attentions particulières (Euillet, Halifax, Moisset et Séverac, 2016 ; Marchand-Buttin, 2016 ; Amsellem-Mainguy et Dumollard, 2015 ; Bacro, Rambaud, Humbert et Sellenet, 2013 ; Robin, 2013). Qu’ils ou elles soient « protégé·e·s », « placé·e·s » ou accompagné·e·s par d’autres dispositifs qui aident voire soutiennent les enfants et leurs parents (Fablet, 2007), les préoccupations en direction de ce public sont fortement marquées par des inquiétudes concernant plus spécifiquement les pratiques de soin quotidien, que nos sociétés considèrent comme « élémentaires ».

Le rapport à la santé des jeunes se trouve ici questionné tant sur les dimensions communes que celles plus singulières qui concernent une jeunesse en situation de vulnérabilité par rapport à une autre, moins exposée. Il s’agit ainsi d’interroger la pertinence d’une comparaison entre deux jeunesses catégorisées comme différentes et, en particulier, au prisme des préoccupations en matière de santé, qu’elles soient produites par les champs politiques, institutionnels ou académiques. Les attitudes, les pratiques et les perceptions des jeunes, de leurs parents et des professionnel·le·s qui les accompagnent sont à l’étude. Dans un tel contexte, il s’agit de questionner l’accès à l’autonomie des jeunes en matière de santé, qu’elle se situe à une échelle discursive dans les politiques de santé, normalisante par les dispositifs qui en découlent ou, engagée via les actions initiées par des acteurs qui travaillent « avec » le public. Dans cette perspective, les propositions de communication peuvent s’inscrire dans quatre axes identifiés.

Axe 1 – Jeunesse, transitions et santé en contexte d’intervention socioéducative

Axe 2 – Le rapport à la santé des jeunes : pratiques quotidiennes et représentations

Axe 3 – Accompagnement à l’autonomie en santé : quelles dynamiques entre les acteurs/trices de l’environnement des jeunes

Axe 4 – Empowerment, participation… Des concepts aux pratiques d’intervention en promotion de la santé

Modalités de soumission

Les propositions de communication sont à déposer sur le site web du colloque au plus tard le 17 avril 2020.

Les propositions seront examinées par le comité scientifique en double aveugle et devront comprendre :

- le titre de la communication ;

- le résumé de la proposition de maximum 3000 caractères (espaces compris) ;

- les mots-clés (5 maximum) ;

- l’identité de l’auteur·e (ou des auteur·e·s en cas de communication à plusieurs) précisant : le statut, l’institution de rattachement et l’adresse de messagerie.

Pour les recherches empiriques : le résumé devra préciser le cadre théorique, la méthodologie de recherche, le public étudié, la (ou les) disciplines mobilisée(s) et les principaux résultats qui seront présentés lors du colloque.

Pour les recherches théoriques : le cadre théorique et conceptuel sera présenté, les analyses proposées devront être argumentées et montrer comment elles renouvellent les questionnements associés à la thématique du colloque.

Pour la présentation d’actions ou projets professionnels : le cadre de l’action ou du projet sera présenté ainsi que les publics associés (professionnels mobilisés, population, partenaires, etc.). Il est aussi attendu que les résultats de l’action ou du projet soit présenté lors du colloque ou que son analyse participe à apporter des éclairages nouveaux dans le débat actuel.



URL :  https://angata.sciencesconf.org/.../


mot(s) clé(s) :  vie des élèves / étudiants, santé