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Pays : France  Langue(s) : français 

La fabrique du clerc - Formation, profession, vocation dans les christianismes (circa 1300-circa 1800)


Date :  du 11-06-2020 au 12-06-2020

Lieu :  Nancy

Organisation :  Université de Lorraine (UL)

Ce colloque entend interroger à nouveaux frais les enjeux liés à la fabrique du clerc et à sa formation, dans laquelle se joue et rejoue l’articulation entre vocation pastorale et profession cléricale. Il se propose de les envisager sur une période longue (fin du Moyen Âge – début du XIXe siècle) et au sein des différentes religions chrétiennes, dans une perspective comparatiste. Tous les temps de la formation (initiale et continue) seront envisagés, du côté des formateurs comme du côté des postulants. Un accent particulier sera mis sur l’émergence par la formation d’une identité de corps à même de refléter autant que motiver la conscience collective d’appartenir à un même corps clérical, transcendant les corps individuels le composant et capable d’agir solidairement. L’enjeu de ce colloque sera d’apporter une contribution et un encouragement à un champ historiographique qui connaît un véritable renouveau, notamment dans le cadre d’une histoire comparée des christianismes européens et de leurs clergés.



Programme : 

Argumentaire

Avant même les enjeux soulevés par la crise des vocations au sein des clergés chrétiens (et en particulier catholique), la multiplication des « entrepreneurs » ou « virtuoses » religieux de mouvance pentecôtiste échappant bien souvent à toute règlementation professionnelle, ou la question de l’institutionnalisation de l’islam de France ; avant, surtout, que ne se fasse sentir le long, sinueux (et parfois réversible) processus de sécularisation, les institutions ecclésiales et communautés religieuses n’ont eu de cesse de réfléchir à la question de la formation de leurs clercs, sous ses deux principales formes, l’initiale et la continue.

Ce colloque, organisé au sein de l’axe de recherche « Faits religieux » du CRULH (programme de recherche sur les « carrières ecclésiastiques »), entend ainsi interroger à nouveaux frais les enjeux liés à la fabrique du clerc et à sa formation, dans laquelle se joue et rejoue l’articulation entre vocation pastorale et profession cléricale. Il se propose de les envisager sur une période intentionnellement longue, courant de la fin de la période médiévale au début du XIXe siècle, et au sein des différentes religions chrétiennes, sans s’interdire a priori des incursions ou comparaisons avec les autres religions du Livre. Cette chronologie large et ces limites confessionnelles lâches permettront de confronter et comparer les diverses manières dont fut envisagé le chantier de la formation des futurs clercs, en examinant les orientations prises, les moyens investis et les dispositifs choisis pour soutenir leur vocation et accompagner l’évolution de leurs carrières. Tous les temps de la formation (initiale et continue) seront envisagés, du côté des formateurs comme du côté des postulants, et un accent particulier sera mis sur l’émergence d’une identité de corps (corporate identity) à même de refléter autant que motiver la conscience collective d’appartenir à un même corps clérical, transcendant les corps individuels le composant.

L’enjeu de ce colloque sera aussi de couvrir un champ de recherche qui comporte aujourd’hui encore de nombreux angles morts, à l’exemple du chantier de l’histoire des séminaires catholiques. En effet, malgré certaines études approfondies portant sur les clergés réguliers, et des éclairages circonstanciés et éclatés (sur telle institution, tel studiumou programme de formation, tel formateur ou pédagogue original, etc.), il n’existe encore, à notre connaissance, aucune vue d’ensemble permettant d’embrasser les enjeux de la formation des clercs à une échelle globale. Le colloque entend ainsi être une contribution et un encouragement à un champ historiographique qui connaît un véritable renouveau, notamment dans le cadre d’une histoire comparée des christianismes européens.

À cette aune, plusieurs pistes pourront être envisagées, à titre indicatif :

  • Lieux, échanges et mobilités. Quelle cartographie se dessine à travers l’étude des lieux de savoir, des circulations intellectuelles, des échanges interreligieux et des mobilités spatiales présidant à la fabrique du clerc ? Outre l’étude des établissements créés à cette fin ou la recherche par les postulants à la cléricature de maîtres réputés et d’institutions reconnues, il serait utile de prendre en compte tous les territoires missionnaires avec leurs multiples spécificités. Les échanges entre États en construction et Églises instituées amènent à réfléchir à une réévaluation de leurs rôles respectifs et à la validité d’une ligne de partage du contrôle des hommes et des contenus.
  • Formateurs, acteurs et programmes de la formation. Au-delà des approches biographiques et monographiques, la relation (parfois idéalisée) « entre maître et disciple », mais aussi la formation des formateurs sont deux champs d’investigation à privilégier. Au terme des cursus de formation naissent également plusieurs demandes : les modalités de validation finale, l’évaluation de l’outil afin de l’améliorer, l’idée d’une formation permanente susceptible de garantir une efficience professionnelle dans la durée. L’exercice de la prédication, par exemple, implique ces différentes dimensions. Enfin, on pourra se pencher certaines formations spécifiques, comme celle des convertis désireux de devenir clercs au sein de leur nouvelle confession.
  • Savoir-faire, pratiques, normes. Au-delà des processus de transmission et validation des contenus doctrinaux, ce sont une foule de gestes, de savoir-faire pratiques ou d’exercices spécifiques à la formation d’un certain ethosclérical, participant à la diffusion d’une orthopraxie collective de la profession, que l’on pourra envisager ici. La transformation du laïc en clerc (avec des limites variables et discutables selon les confessions), la mise en conformité de sa conduite à son nouveau statut et les mécanismes de contrôle des normes pourront faire l’objet d’une attention particulière.
  • L’économie de la formation. On pourrait ici s’arrêter sur les coûts et les investissements engagés, aussi bien que les gains intérêts espérés de la formation des clercs, qu’ils soient matériels, financiers ou encore symboliques.

Organisation et modalités de soumission des propositions

Le colloque aura lieu à Nancy les 11 et 12 juin 2020. Il sera organisé par le CRULH (Lorraine), en collaboration avec les laboratoires TEMOS (Angers, Le Mans), LARHRA (Lyon), CRES (Arras) et MéMo (Universités Paris-Nanterre et Paris 8).

Les propositions (de 3 000 signes au plus) sont à envoyer, accompagnées d’un bref CV académique,
avant le 31 octobre 2019.

à l’un des trois organisateurs :

  • Marion Deschamp (marion.deschamp@univ-lorraine.fr)
  • Julien Léonard (julien.leonard@univ-lorraine.fr)
  • Stefano Simiz (stephano.simiz@univ-lorraine.fr)


URL :  https://calenda.org/.../644788


mot(s) clé(s) :  histoire de l'éducation