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Entre recherches et pratiques

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Pays : France  Langue(s) : français 

11e Université d'été du secteur langues du GFEN : "L'ordinaire de la classe"


Date :  du 20-08-2019 au 23-08-2019

Lieu :  Ecole du Centre, Boulevard Laurent Gérin 69200 Vénissieux

Organisation :  Groupe français d'éducation nouvelle (GFEN)

L’ordinaire, c’est ce qui est commun, habituel, tellement banal que l’on a du mal à en faire un thème de recherche ; de l’ordre de l’évidence que l’on n’interroge plus ; du geste si intégré que la mise en mot pour l’expliciter devient une vraie difficulté. L’ordinaire, c’est ce qui ne varie pas ou guère, tout comme la nourriture servie à la troupe, et ne semble pas faire problème. De ce fait, il s’enseigne peu – ou pas… —, se transmet difficilement et se travaille trop rarement. C’est plutôt sur l’extra-ordinaire que se focalise l’attention, sur les projets exaltants et les mises en situation singulières et fascinantes qui stimulent et mobilisent mais risquent de décourager par leur complexité. C’est ainsi que la démarche d’auto-socio-construction des savoirs (DASC), concept central dans les recherches et les pratiques du GFEN, peut constituer à la fois ce qui provoque rupture, accélération dans la prise de conscience et donc, ce qui séduit et aide à franchir le pas vers une autre conception du savoir et du métier, mais aussi ce qui paralyse tant l’élaboration de cet objet semble exigeante et chronophage.



Programme : 

Et pourtant… L’auto-socio-construction des savoirs n’est-elle pas au centre de la conception de toute mise en situation, qu’elle relève de « l’ordinaire » ou de « l’extra-ordinaire » ? Mais cette préoccupation partagée par les militants du GFEN — comme par toutes les personnes qui se joignent à cette réflexion lors des différentes manifestations proposées —, comment la mettre en oeuvre dans le quotidien dans la classe ? Comment mobiliser concrètement les apprenants dans l’activité ? Comment « gérer » le temps pour qu’il soit à la fois aiguillon et facilitateur de l’activité ? Comment créer l’insolite, la perturbation nécessaire à l’apprentissage, mais aussi
comment accueillir l’imprévu, la résistance, ce qui bouscule, ce qui dévore du temps, et parvenir à réguler le travail pour tous ? Comment « partir des apprenants » et tenir le cap, avec exigence, sur les objectifs d’apprentissage ? Comment organiser les retours réflexifs de façon dynamique et non répétitive ? Comment mettre en oeuvre la formule de Rousseau : « je vous prêche un art
difficile, c’est de tout faire en ne faisant rien. »

Il s’agira donc de déconstruire l’évidence et la connivence dans laquelle nous baignons, pour faire un retour réflexif sur ces allant de soi, ces gestes et rituels anodins et pourtant essentiels de la classe de langues, en saisir le sens, en favoriser l’accès et retrouver l’étrangeté sous le commun ou la routine. Car c’est dans l’ordinaire que se construisent comportements cognitifs et apprentissages consolidés. Et c’est dans l’ordinaire que l’on reconnaît l’expert.

Prenant appui sur Astolfi, nous organiserons nos journées selon ce qui constitue, pour lui, les cinq « modes de commande » ou « pôles alternatifs » d’une séquence d’enseignement : une situation à exploiter, une méthode à maîtriser, une connaissance à acquérir, un obstacle à franchir, une production à réussir.

Telles sont les questions et les enjeux que cette Université d'Été 2019 se propose de mettre en travail à travers les ateliers (démarches vécues dans différentes langues, projets) et les apports de la recherche, plus particulièrement cette année avec l'intervention de Dominique Bucheton, professeure honoraire des Universités.



URL :  http://gfen.langues.free.fr/.../activites.html


mot(s) clé(s) :  pratique pédagogique