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Pays : France  Langue(s) : français 

Ces petites filles qui lisent : les jeunes lectrices dans les fictions pour la jeunesse, un motif littéraire ?


Date :  du 25-09-2019 au 25-09-2019

Lieu :  ESPE de Beauvais, 3 rue Bossuet Beauvais, France (60)

Organisation :  Université de Picardie-Jules Verne (UPJV)

Au carrefour de réflexions sur l’héroïsme, sur les personnages féminins et sur les représentations à destination de la jeunesse, cette journée a pour but d’évaluer dans quelle mesure les jeunes lectrices, telles qu’elles apparaissent dans les œuvres à destination du jeune public, constituent un motif littéraire à part entière, et quels en seraient les modalités et les enjeux.



Programme : 

Argumentaire

Dans les œuvres de fiction destinées à un jeune public, qu’elles relèvent de la littérature, de l’iconographie ou de l’audiovisuel, il n’est pas rare de rencontrer des personnages de fillettes, d’adolescentes ou de jeunes filles passionnées par les livres, de Catherine Morland (Jane Austen, L’Abbaye de Northanger) à Hermione Granger (J.K. Rowling, Harry Potter), en passant par Perrine (Hector Malot, En famille), Christine (Comtesse de Ségur, François le bossu), Anne (Lucy Maud Motgomery, Anne… la maison aux pignons verts) ou encore Jo March (Louisa May Alcott, Les Quatre Filles du Docteur March). Il semble que l’imagination ou le savoir livresque constituent souvent le trait caractéristique et même la modalité particulière de leur héroïsme : la lecture est présentée comme ce qui révèle et accentue la sensibilité, l’ingéniosité et la curiosité, voire ce qui met à part ces personnages – que l’on pense à Sara Crewe de Frances H. Burnett, à Matilda de Roald Dahl, à l’héroïne du dessin animé La Belle et la Bête de Disney, ou encore à Lisa Simpson de Matt Groening. Même lorsqu’elles lisent peu, la lecture occupe souvent une place prédominante dans la vie de ces figures féminines. Ainsi d’Alice de Lewis Carroll, qui rejette les livres sans images mais qui reste très attachée aux histoires racontées et au pouvoir de l’imaginaire que les illustrations suscitent. Ces images récurrentes posent la question du rôle social traditionnellement assigné aux jeunes filles, mais aussi du potentiel intellectuel, émotionnel et imaginatif que l’on attribue à la lecture et plus spécifiquement celle des personnages féminins.

Au carrefour de réflexions sur l’héroïsme, sur les personnages féminins et sur les représentations à destination de la jeunesse, cette journée d’étude a pour but d’évaluer dans quelle mesure ces jeunes lectrices, telles qu’elles apparaissent dans les œuvres à destination du jeune public, constituent un motif littéraire à part entière, et quels en seraient les modalités et les enjeux. On interrogera ainsi les représentations véhiculées, afin d’examiner si l’image de la jeune lectrice acquiert « un sens indépendant de sa signification fonctionnelle par rapport à l’ensemble du récit dans lequel il prend place » (Greimas et Courtès). En effet, existe-t-il un « motif » au sens où l’entend Panofsky, une « figure » que l’on puisse identifier de manière « pré-iconographique » ? Des travaux comme ceux de Ruth Amossy ou Anne Herschberg-Pierrot ont montré comment le motif se décline sur le plan proprement linguistique (expressions, phrases) ou thématico-narratif (scénarios, schémas, personnages, décors) et sur le plan idéologique (valeurs, représentations). Cette double dimension à la fois esthétique (linguistique et narrative) et idéologique (sociale, historique, genrée) sera au cœur de l’interrogation sur un possible motif littéraire de la jeune lectrice dans les fictions à destination de la jeunesse.

Les propositions pourront explorer, sans s’y limiter, les axes suivants :

Réalité, fiction, illusion

  • Aventures merveilleuses.
  • Rêves et promesses d’avenir.
  • Ambivalence, illusions.

Lecture et insertion sociale

  • Isolement, discrimination.
  • Reconnaissance, lectures collectives.
  • Phénomènes d’identification.

Du texte à l’image animée

  • Enjeux narratifs et esthétiques de l’adaptation.
  • Transformations par l’adaptation cinématographique et télévisuelle.
  • Mise en scène et représentation des lectrices.

Contexte historique et culturel

  • Rôle des collections et des éditions.
  • Variations entre l’album et le roman.
  • Évolution, conservation ou renouvellement.

Soumission des propositions

Les propositions de communication (environ 300 mots) seront accompagnées d’une brève notice bio-bibliographique et envoyées avant le 21 juin 2019 aux deux adresses suivantes : justine.breton@u-picardie.fr et marguerite.mouton@u-picardie.fr.



URL :  https://calenda.org/.../620138


mot(s) clé(s) :  littératie