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Pays : France  Langue(s) : français 

La sélection dans l’enseignement supérieur : politiques, instruments, pratiques


Date :  du 07-02-2019 au 08-02-2019

Lieu :  Université Paris-Dauphine

Organisation :  Association française de sociologie

A l’heure où la mise en place de la loi sur l’orientation et la réussite des étudiants (ORE) et la réforme du lycée réorganisent en profondeur les modalités d’accès à l’enseignement supérieur, ces journées se proposent d’analyser les dispositifs de sélection déjà à l’œuvre – ou ayant existés – au sein de l’enseignement supérieur français et dans d’autres contextes nationaux comme aux ÉtatsUnis (Karabel 2005; Stevens, 2007 ; Warikoo, 2016) ou en Grande-Bretagne (Mountford-Zimdars
2016, Reeves et al. 2017).
De fait, des pratiques de sélections existent déjà en France à l’entrée des classes préparatoires (Darmon, 2012) et des grandes écoles (Bourdieu, 1989 ; Buisson-Fenet et Draelants, 2010 ; Blanchard, 2015 ; Allouch, 2013 ; Pasquali, 2014), à l’entrée des Sections Techniciens Supérieurs (Orange, 2013) ou encore en médecine (Déplaude, 2015). Alors que ces pratiques de sélections ont souvent été analysées de façon isolée, l’objectif de ces journées d’études est de les penser ensemble, et ainsi de dépasser les clivages entre les types d’institutions (université/grandes écoles, etc.) pour s’attacher à l’étude des différents dispositifs, à travers deux grands types de questionnements.
Le premier concerne les pratiques d’évaluation et de jugement à l’œuvre dans les opérations de recrutement des étudiant.e.s. Qu’il s’agisse de recrutements plus ou moins sélectifs sur dossiers et entretiens ou de sélections explicites par concours, quel.le.s sont les acteurs et actrices impliqué.e.s ? Quels sont les outils et critères mobilisés pour évaluer les étudiant.e.s ?
Le deuxième questionnement portera sur les parcours des étudiant.e.s. Quels sont les profils (trajectoire et résultats scolaires antérieurs, sexe, origine sociale) des étudiant.e.s postulant aux différentes formations considérées et ceux des étudiant.e.s effectivement admis.e.s ? Ces journées permettront ainsi de mieux comprendre « ce que sélectionner veut dire » dans différents contextes historiques et nationaux, en prenant en compte à la fois les acteurs et actrices de la sélection, et les étudiant.e.s.



Programme : 

Les analyses intersectionnelles, croisant notamment la classe, le genre, les parcours migratoires et/ou les appartenances ethno-raciales seront fortement encouragées. Les propositions de communication, fondées sur des enquêtes empiriques, pourront s’inscrire dans un ou plusieurs des quatre axes suivants : l’histoire et la place de la sélection dans l’enseignement supérieur, les instruments de la sélection (algorithme, concours, protocoles, etc.), les acteurs et actrices de la sélection
et enfin les parcours étudiants.
1) L’histoire et la place de la sélection dans l’enseignement supérieur
Quelle est la place de la sélection dans le champ de l’enseignement supérieur français et comment-a-t-elle évolué ? Quelles sont les spécificités nationales comparées à d’autres pays ? Dans quelle mesure la sélection permet-elle aux institutions de se définir et de se distinguer ? Cet axe encourage les analyses de la sélection d’un point de vue institutionnel et/ou des pratiques et parcours dans une perspective historique.
2) Sélectionner par les instruments (algorithme, concours, protocoles, etc.)
Les communications attendues sont invitées à interroger les techniques et outils de la sélection : comment sont-ils sont fabriqués, suivant quels paramètres ? Comment et par qui sont-ils utilisés ? Une attention particulière sera accordée aux communications qui s’intéressent à l’usage des instruments techniques (APB, algorithmes locaux), leur genèse et leurs modèles : dans quelle mesure sont-ils importés des modèles d’autres pays ou d’autres domaines professionnels (par
exemple le scoring) ? Les communications sur les concours, présentant les choix des programmes, des sujets, les critères d’évaluation formels et informels, les échelles de notations, etc., seront aussi les bienvenues.
3) Les acteurs et actrices de la sélection
Ce troisième axe invite à poursuivre la réflexion sociologique autour de la question des acteurs et des actrices de la sélection. La sélection est-elle considérée comme un « sale boulot » ? Qui la pratique (enseignants, services…) ? Quelles sont les négociations autour de la sélection : capacités d’accueil, étiquetage des filières ? Quel(s) sens les acteurs/actrices de l’enseignement supérieur donnent-ils à la sélection ?
4) Sélection formelle, informelle et parcours étudiants
Que fait la sélection aux parcours étudiants ? Comment les différents dispositifs institués filtrent-ils les candidat.e.s ? En amont même de la sélection, l’existence d’une barrière à l’entrée incite-t-elle certain.e.s à envisager d’autres voies ? Quel regard enfin les étudiant.e.s, admis.e.s ou recalé.e.s portent-ils sur ces dispositifs ?
Ces axes n’épuisent pas les thématiques possibles et toute proposition de communication autour des pratiques de sélection dans des formations post-baccalauréat sera prise en considération.

Les propositions, de 3000 signes maximum (hors bibliographie), doivent être envoyées le 30 août 2018 au plus tard à l’adresse suivante : je.rt4rt42rt46@gmail.com.
Les candidat.e.s dont la proposition aura été retenue devront soumettre un texte d’environ 30 000 signes, au plus tard le 31 novembre 2018.



URL :  https://pupitre.hypotheses.org/.../3397


mot(s) clé(s) :  enseignement supérieur