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Pays : Roumanie 

XVe Colloque International d’Études Francophones, Timisoara (CIEFT) - Comparaison(s)


Date :  du 15-03-2019 au 16-03-2019

Lieu :  Timişoara

Organisation :  Université de l’Ouest de Timișoara


Programme : 

Cette édition soumet à la réflexion des chercheurs, des enseignants, et, plus généralement, des gens de lettres la problématique de la comparaison comme point de rencontre de la littérature, de la traduction, de la sémiotique, de la linguistique, de l’histoire, de la traductologie, de la rhétorique, de la philosophie, etc., dans une interdisciplinarité recentrée, pour le colloque, autour de quatre axes suivants : littérature, linguistique, traductologie et didactique du FLE.

Le questionnement sur une notion aussi riche que la comparaison ne sera jamais épuisé, malgré les efforts des spécialistes ou des amateurs de discussions tranchantes ; une polémique « cordiale » à ce sujet vaut mieux que des réponses définitives. Par conséquent, nous envisageons la comparaison dans une lecture plurielle, censée être faite de manière non-exclusive, mais non plus exhaustive.

En littérature
La comparaison, cette structure ambivalente, aux ouvertures multiples, transdisciplinaires et transversales, met toujours dans un rapport plus ou moins direct ou transparent deux ou plusieurs écrivains, personnages, motifs, techniques narratives, etc. dans le but de mieux les définir soit par différenciation, soit par similitude.

  • La comparaison littéraire : narrative et poétique ;
  • La comparaison et l’analogie littéraires développées en paraboles à sujet religieux, satirique, politique, etc.
  • La comparaison en tant que forme de la pensée illustrée en littératures française et francophones, c’est-à-dire un modus operandi par l’intermédiaire des rapports qu’elle établit entre les objets ;
  • Les comparaisons philosophiques et rhétoriques ;
  • La comparaison-trope, formatrice de style(s), en tant que forme de l’expression artistique et de l’imagination visuelle, directement et richement liée à la métaphore qu’elle annonce ; comparaisons ornementales et allégoriques ; 
  • Les formes stylistiques de la comparaison à travers les époques et/ou les courants littéraires (chez les antiques et les modernes, chez les romantiques et les réalistes, chez les symbolistes et les surréalistes, etc.) ;
  • La comparaison en tant que méthode scientifique d’analyse, employée dans l’étude des littératures, aboutissant au comparatisme ou à la discipline très en vogue au XIXe siècle et, récemment, ces dernières décennies : la littérature comparée ;
  • Les études comparatistes et le goût esthétique pour le comparatisme (à partir de l’essai De l’Allemagne de Madame de Staël jusqu’à nos jours) ;

En linguistique
La comparaison est l’expression d’une évaluation relative ‑ en parallèle ‑ des qualités, des quantités ou des manières d’agir. La confrontation entre les éléments mis dans la balance conduit à établir soit leur égalité (ou leur inégalité), soit leur identité (ou bien leur différence).

Malgré la cohésion du système grammatical exprimant la comparaison en français, et une certaine régularité des constructions langagières qui en résultent, il reste encore des aspects intéressants à étudier tels que : les structures morphosyntaxiques spécifiques ; la nature grammaticale des termes associés dans la comparaison ; les quantificateurs utilisés pour mesurer le rapport d’inégalité ; les constructions comparatives et l’emploi de la négation / de NE explétif ; l’explicite et l’implicite dans la comparaison ; d’autres moyens pour exprimer la ressemblance et la dissemblance / l’identité et la différence (déterminants et substituts indéfinis).

En tant qu’opération logique que sous-tend tout processus cognitif, la comparaison se manifeste aux niveaux lexical et sémantique de la langue dans : la formation de certains mots composés nominaux de sens « X est comme (un) Y » (du type homme-grenouille, oiseau-lyre) ; les éléments lexicaux à valeur superlative ; la comparaison figée dans les expressions idiomatiques ; la métaphore lexicalisée ; la scalarité sémantique et/ou pragmatique, phénomène qui intervient dans les relations de synonymie et d’antonymie ;
Au niveau textuel, on pourrait s’intéresser à la répartition des structures comparatives et superlatives selon les types de textes / les registres de langue ; l’utilisation de la comparaison et des arguments de type analogique dans un but persuasif, la comparaison entre les genres textuels par rapport aux caractéristiques générales du type de texte auquel ils appartiennent, etc.

La section didactique sera bâtie sur les analyses contrastives entre la langue maternelle des apprenants et le français, portant sur n’importe lequel des domaines linguistiques (phonétique, morphosyntaxe, lexique ou stylistique).

En traductologie
(cf. Harris 1972-73), la comparaison est susceptible de varier selon la structure des comparés (langues, textes, processus, résultat d’un processus, générateur d’un résultat) ; la méthode comparative permettant en conséquence d’obtenir des perspectives différentes sur la traduction. Aussi peut-on comparer les langues source et cible (Mona Baker 1993) pour repérer les (dis)similitudes qui les caractérisent, ou passer par la comparaison des textes cibles avec un texte source pour découvrir des « déséquilibres » quantitatifs et/ou qualitatifs, dus aux différentes manières dont les langues découpent, décrivent et verbalisent la réalité. La traductologie de corpus parallèles, bilingues (qu’Origène illustre dans les Hexapla) ou multi-lingues (Wandruszka 1973, 1974, 1979) facilite l’observation du comportement des traducteurs et de la déviance traductive – désignés par des syntagmes tels que les « universaux de la traduction » (« translation universals », cf. Baker 1993), les « realia » (Florin et Vlahov 1980) et les tendances dites déformantes de la langue traduisante (Berman 1985, Toury 1995).

Ainsi, la recherche descriptive qui examine les causes et les effets offre aux traducteurs des études comparatives sur des difficultés de traduction inaccoutumées, contribuant à améliorer la traduction en tant que processus et produit. Les intervenant(e)s s’interrogeront aussi bien sur le caractère inter- et transnational des traductions, que sur des situations multicontextuelles qui leur permettront de valoriser et de comparer des expériences consignées par les histoires des traductions et de la traduction. Il serait souhaitable que les communications – abandonnant l’approche unidirectionnelle, centrée sur l’inventaire des différences quantitatives caractérisant les langues source et cibles, et la chasse à l’anecdotique traductif – tentent de contribuer à la systématisation des « glissements », des entropies en comparant des situations de traductions différentes culturellement, temporellement et linguistiquement.

Orateurs invités confirmés

  • Margareta GYURCSIK, Professeur des universités, Université de l’Ouest de Timişoara, Roumanie
  • Klaus-Dieter ERTLER, Professeur des universités, Université de Graz, Autriche.
  • Catherine FUCHS, Directrice de recherche au CNRS, Laboratoire LaTTICe (Langues, Textes, Traitements Informatiques, Cognition), France

Date limite de soumission : 15 décembre 2018.



URL :  https://www.fabula.org/.../xve-colloque-international-d-etudes-francophones-timisoara-roumanie-cieft_85266.php


mot(s) clé(s) :  langues vivantes