Veille et analyses de l'ifé

Entre recherches et pratiques

   Vous êtes ici : Accueil » Agenda des colloques » Détails du colloque

Pays : Suisse  Langue(s) : français 

5e colloque du gEvaPP (Groupe d'évaluation des pratiques professionnelles) - Lieux, rythmes et savoirs dans l'alternance : former et évaluer à quoi, quand et où ?


Date :  du 24-10-2018 au 26-10-2018

Lieu :  Martigny

Organisation :  Haute école pédagogique Vaud (HEP Vaud) - Institut fédéral des hautes études en formation professionnelle (IFFP) - Haute école pédagogique du Valais (HEP-Valais)

avec l'École professionnelle de Martigny



Programme : 

Depuis les années 1990 au moins, dans le contexte de la formation professionnelle, le concept « d’alternance » est en vogue. Or, que signifie-t-il réellement ? Qu'en est-il sur le terrain ?

En Suisse, le système dual est en vigueur depuis des décennies dans le cadre des formations aux métiers dits « manuels ». Dans le domaine des formations à l’enseignement, l’importance de la formation sur le terrain est affirmée par les principes de la Reconnaissance des diplômes par la Conférence des Directeurs de l’Instruction publique (CDIP). 

Pourtant, si poser dans les discours en institut de formation l’adhésion au principe d’alternance est relativement aisé, qu’en est-il dans la réalité des formations destinées aux apprentis ou aux futurs enseignants ? Nous savons tous combien la théorie et la pratique ont tendance à être renvoyées dos à dos : aux instituts de formation la théorie, aux terrains l’intégration dans la pratique de la « vraie vie ». Dans ce cas, l’alternance ressemble plutôt à de la juxtaposition des préoccupations de deux mondes séparés.
Nous privilégions ici l’alternance comme dispositif de complémentarité indispensable entre institution et terrain par rapport aux spécificités, aux missions, aux objets, aux cadres de référence utilisés dans chaque « lieu ».

Trois axes pour réfléchir à l’alternance intégrative : lieux, rythmes, savoirs

Lieux disons-nous, parce que le terrain des stages ou l’institut de formation sont différents, ont des spécificités définies, sont chargés de missions différentes et ont une complémentarité à faire valoir. Identifier d'où je parle: du terrain d'une entreprise? De celui qui est lié à un institut de formation? De celui de la formation en institution ? Quelles contraintes, quels objectifs, quel public, quels interlocuteurs hiérarchiques ou professionnels sont propres à chaque lieu ? Quels plans cadre ou curriculums de référence sont en vigueur ? Dans ces lieux distincts et complémentaires ? Comment ces différents lieux conçoivent-ils l'évaluation, en lien étroit avec les objectifs qu’ils se sont fixés ? Comment collaborent, coopèrent ces différents lieux, comment font-ils connaissance, comment échangent-ils ? Comment articulent-ils leurs exigences spécifiques pour les rendre intelligibles aux apprenants ? Comment, en institution ou sur le terrain, reçoit-on « l'autre » lieu de formation ? Quelle légitimité, quel rôle lui accorde-t-on dans les différents dispositifs de formation ou d'évaluation formative ou certificative ?

conférence plénière : Alberto Cattaneo, IFFP-Lugano


Rythmes, parce que les rythmes de l’apprentissage en situation professionnelle réelle ou en institution sont différents ; les rythmes des stages, de ce qui y est exigé ; rythmes aussi selon l’avancement dans le processus de formation : les nouveaux entrants en formation obéissent à un autre rythme que ceux qui sont sur le point d’achever leur formation et d’arriver en tant que professionnels à part entière dans le monde du travail. Comment donc s'organisent les stages (en institut de formation ou sur le terrain) tout au long de la formation ? Qu’est-ce qui est évalué sur le terrain scolaire ou en entreprise et, en parallèle, en instituts de formation, selon la progression dans l’apprentissage ? Quelle place et articulation pour le rythme de l'autre « lieu » dans l'organisation de l'alternance ? Rythme aussi parce que le rythme de l’apprentissage de chacun est rarement en phase avec le rythme dicté par l’institution et le programme.

conférence plénière : Joël Lebaume, université Paris Descartes


Savoirs enfin, car les savoirs convoqués en institut de formation ne sont pas les mêmes que ceux que le terrain utilise, quand bien même ces deux types de savoirs sont inextricablement liés, idéalement dans une boucle itérative. Les uns, savoirs convoqués en institut de formation, permettent d’éclairer, de comprendre ce qui se passe, comment fonctionne ce qui est (ou sera) travaillé, rencontré, élaboré sur le terrain. Les autres, les savoirs du terrain et ceux qui y sont utilisés, savoir-faire ou transpositions pragmatiques de savoirs théoriques, nourrissent les questions théoriques, les hypothèses posées et permettent leur renouvellement ou leur mise à l’épreuve, les validant ou non. Quelles sont la nature, l’épistémologie, le développement, les liens à tisser entre les savoirs convoqués en institut de formation ou sur le terrain ? Les savoirs des institutions de formation sont-ils en liens avec ceux valorisés par les terrains de formation – écoles publiques ou entreprises ? Quels savoirs sont évalués, à quels moments, dans les différents lieux de formation ? Comment les lieux se coordonnent-ils entre eux, entre professionnels, pour rendre échanger, se coordonner, accorder attention aux savoirs dispensés dans les différents lieux (visite par les pairs d'une institution chez une autre en vue de développement professionnel par exemple) ?

conférence plénière : Valérie Lussi Borer, Institut universitaire de formation des maitres, Université de Genève

1er mars 2018 : délai pour le dépôt des propositions de contribution.



URL :  https://sites.google.com/.../accueil


mot(s) clé(s) :  formation et enseignement professionnels, formation des enseignants, alternance